Municipales 2026 – A Montceau, le PS n’est pas favorable à une alliance avec LFI

C’est un débat qui dépasse les états-majors parisiens et s’invite au cœur de la campagne des municipales à Montceau-les-Mines. A gauche et singulièrement au sein du Parti socialiste, la ligne n’est pas uniforme. Tandis que certains plaident pour des accords avec La France insoumise afin de conquérir des mairies, d’autres opposent une fin de non-recevoir catégorique. Ils vont même plus loin en affirmant une position sans ambiguïté, « ni LFI, ni RN ». Au moins la clarté est-elle revendiquée.

A Montceau-les-Mines, si la configuration semble, à première vue, relativement lisible _ deux listes s’affrontent alors qu’il est difficile de positionner celle de Roux-Amrane (Macron) avec la présence de Selvez, ex-PS mais toujours de gauche _, la réalité politique est plus nuancée. D’un côté, la liste conduite par Isabelle Louis, investie par le Parti socialiste et soutenue par Énergies Citoyennes, formation à sensibilité écologiste. De l’autre, celle menée par Catherine Ravier, qui revendique ouvertement son ancrage et sa fidélité à La France insoumise.

Dans ce contexte, la question d’une alliance de second tour s’impose naturellement.

Interrogée clairement, seriez-vous prête à une alliance avec LFI au second tour pour l’emporter ?, Isabelle Louis a d’abord temporisé. « Attendons les résultats du premier tour. Je ne suis pas favorable à une alliance. Il y aura sans doute des discussions, peut-être des consignes de vote, mais je ne suis pas favorable à une fusion des listes ».
(Rappelons qu’une liste doit atteindre 10 % des suffrages exprimés pour se maintenir au second tour et 5 % pour fusionner.)

Relancée sans détour, oui ou non, une alliance avec LFI ?,  la candidate a finalement tranché : « Non, pas de fusion avec LFI. Ce n’est pas mon souhait ».

La tête de liste « Autrement Montceau, citoyenne et solidaire » replace ce refus dans une histoire plus large. Selon elle, le Parti socialiste et la gauche républicaine avaient initialement proposé une liste unique. « Mais à LFI, la direction nationale a dit non », souligne-t-elle, renvoyant la responsabilité de la division à ses partenaires potentiels.

Présent vendredi soir à Montceau-les-Mines pour soutenir Isabelle Louis, le président de la Région Bourgogne–Franche-Comté, Jérôme Durain, a lui aussi pris position. « Le danger, ce n’est pas la gauche, même si je suis en désaccord avec la stratégie de LFI. Le danger, c’est l’extrême droite ».

Une déclaration qui recentre le débat sur l’enjeu national et idéologique, au-delà des rivalités locales.

Si la question a manifestement suscité une certaine tension au siège local du Parti socialiste, Éric Commeau, représentant d’Énergies Citoyennes, a reconnu qu’il s’agissait « d’un vrai sujet ». Avant d’ajouter, dans une critique à peine voilée, « LFI ne fait rien pour rassembler ».

Isabelle Louis, enfin, résume sa ligne politique avec une formule qui se veut à la fois identitaire et morale, « le propre de notre liste, c’est d’être de gauche et de rester droit ».

A Montceau-les-Mines, la clarification est désormais actée, l’union de la gauche ne sera pas automatique. Elle sera conditionnelle, débattue, et, à ce stade, clairement refusée sous la forme d’une fusion avec La France insoumise. La campagne entre ainsi dans une phase plus idéologique où les électeurs devront arbitrer entre stratégie d’alliance et cohérence politique.

J.B.

Avant de réunir au siège du local du PS rue Rouget de Lisle, Isabelle Louis et Jérôme Durain, entre autres, ont arpenter la rue Carnot à la rencontre des Montcelliens.

 

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