« J’appelle la police ».
La phrase claque dans la salle des fêtes du Magny, à Montceau-les-Mines. Quelques minutes plus tard, un premier équipage arrive sur place. L’assemblée générale de l’association Pattes de Velours du bassin minier vire au chaos.
La présidente, Martine Léger, espère que la présence des forces de l’ordre suffira à faire taire les contestataires. Illusion. Dans ce tumulte, même une chatte aurait du mal à retrouver ses petits. Cris, invectives, accusations, c’est une véritable foire d’empoigne. On assiste à la scène sans vraiment comprendre ce qui se joue. Le commissaire lui-même s’est déplacé. Il échange avec la présidente et madame le maire. Rien n’y fait. La tension est électrique. La colère palpable.
L’assemblée générale est expédiée à la hâte. Mais la pression ne retombe pas. Elle monte encore d’un cran.
« Il y a de grosses anicroches », lâche Patrick Léger _ sans lien de parenté avec la présidente. Et d’ajouter : « Une fois c’est Véronique Léger, une fois c’est Martine Léger ».
Pour comprendre, il faut quitter le terrain associatif et faire un détour par les élections municipales à Montceau-les-Mines. Sur la liste « Relève-toi Montceau », conduite par Arnaud Sanvert pour le Rassemblement national, présent en tant que membre de l’association, figure une certaine Véronique Léger. Qui n’est autre que… Martine Léger. Sur une liste non classée par ordre alphabétique, elle apparaît en deuxième position.
Après tout, pourquoi pas.
Mais difficile de ne pas imaginer la scène au conseil municipal. Car lors de cette assemblée générale, de la bouche de Martine Léger, les mots ont fusé : « Il n’y a pas de discussion possible »; « Vous êtes des fouteuses de merde »; « Je peux faire ce que je veux »; et, cerise sur le gâteau : « Ta gueule, toi ! »
A ce rythme, la salle du conseil municipal pourrait vite ressembler à un ring.
Lorsque Martine Léger lève la séance, les contestataires prennent la parole. Ils dénoncent une présidence autoritaire, agressive, tenant des propos méprisants envers les bénévoles, ils l’accusent de violences physiques ayant entraîné des départs successifs.
La liste des griefs est longue. Pierre Mences et Sylvie Zito énumèrent : violation des statuts, modification de ceux-ci sur la base d’un faux procès-verbal, cumul des fonctions de présidente et trésorière avec signature unique, présentation d’une fausse facture à la mairie, confusion entre activités associatives, vie privée et engagements politiques, sautes d’humeur, propos racistes, colères parfois violentes.
Sylvie Zito, secrétaire pendant quatre ans, affirme avoir été agressée physiquement et verbalement. « J’ai porté plainte ».
Même les tentatives d’apaisement de madame le maire restent vaines. « Tu me prends pour une conne », lance Martine Léger à Marie-Claude Jarrot. « Ceux que je n’ai pas invités doivent dégager ! » Puis encore, « Tout a été orchestré. Vous êtes les meilleurs, nous on est de la merde ».
Après son départ, cinq adhérents rédigent un compte rendu. Ils demandent :
– de constater l’usurpation de fonctions et la violation des statuts;
– de révoquer immédiatement l’ensemble des dirigeants;
– de désigner cinq administrateurs provisoires _ Sylvie Zito, Benjamin Grémy, Nathalie Joseph, Pierre Mences et Martine Desseigne _ pour assurer la continuité de l’association;
– de leur donner pleins pouvoirs pour gérer Pattes de Velours et mener un audit, notamment financier ;
– d’organiser une assemblée générale extraordinaire et rédiger de nouveaux statuts.
Dans un coin de la salle, Arnaud Sanvert observe ces échanges d’une rare élégance verbale !
Reste une question : quelles leçons en tirera t-il ?
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J.B.
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