Lors de l’assemblée générale de RESF (Réseau Education Sans Frontières) à La Volière, la présidente Carole Bonin a dressé un constat particulièrement alarmant sur la situation des familles qu’elle accompagne, notamment en matière de logement, devenu aujourd’hui le principal point de blocage et d’urgence.
Dans un contexte politique et administratif très durci (loi Darmanin, circulaire Retailleau), la majorité des familles accompagnées par RESF sont sous OQTF, non pas parce qu’elles auraient commis un délit, mais parce que leur demande d’asile a été rejetée. Elles se retrouvent alors sans droits, sans ressources stables et sans accès aux dispositifs classiques d’hébergement, tout en refusant de retourner dans les pays qu’elles ont fui.
Le logement est aujourd’hui le problème le plus grave :
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Les familles, souvent avec enfants, n’ont pas accès au 115, les mineurs n’étant pas pris en charge dans ce cadre.
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Les aides existantes couvrent l’alimentaire (Secours catholique, Restos du Cœur) ou l’administratif (RESF), mais aucune structure ne peut répondre durablement aux besoins d’hébergement.
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Les familles vivent dans une grande précarité, parfois victimes de marchands de sommeil, y compris localement.
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En situation d’urgence, RESF et les CCAS de Montceau et Sanvignes ont dû financer des nuits d’hôtel, ce qui représente une forte charge financière et un stress important pour les bénévoles.
RESF, association entièrement bénévole, ne peut plus assumer financièrement l’hébergement. Après plusieurs années d’alerte, l’association a décidé de ne conserver que les deux logements mis gratuitement à disposition par la ville de Montceau, qu’elle remercie vivement.
Les autres logements ont dû ou vont devoir être rendus, faute de subventions suffisantes pour couvrir loyers et charges, malgré l’absence de solution alternative pour certaines familles, notamment une mère seule avec deux enfants.
Cette situation met RESF dans un dilemme insoutenable : continuer à payer des loyers au risque de ne plus pouvoir aider la centaine de familles suivies administrativement (frais de dossiers, traductions, timbres fiscaux), ou rendre les logements en laissant des familles à la rue.
RESF appelle donc :
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à une solidarité accrue des communes, afin qu’elles puissent, ponctuellement, prendre en charge des nuits d’hôtel en cas d’urgence ;
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à la générosité des citoyens, rappelant que l’association est reconnue d’intérêt public et que les dons sont déductibles des impôts.
Malgré ces difficultés majeures, RESF poursuit ses actions que sont l’accompagnement administratif d’environ 100 familles, les cours de français, la mobilisation interassociative, événements solidaires, et soutien à des parcours positifs de régularisation et d’insertion.
Mais sans solution collective sur le logement, des enfants continuent de dormir à la rue, faisant du droit au toit l’enjeu le plus urgent et le plus préoccupant de l’année à venir.
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