Montceau – Sébastien Martin sur le marché, Lionel Duparay en observateur attentif

Quand bien même est-il en vacances, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, s’est rendu mardi matin sur le marché de Montceau-les-Mines aux côtés du député Lionel Duparay. Une visite placée sous le signe de l’échange avec les habitants et d’une visite à la manufacture Perrin.

Déblayons d’entrée de jeu un sujet aussi incontournable que sensible, les élections municipales de mars prochain. À Montceau-les-Mines, le député Lionel Duparay pourrait bien y jouer un rôle. Certain ? Peut-être. Assuré ? Pas encore. Mais la scène observée ce mardi matin sur le marché n’avait rien d’anodin.

Car arpenter les allées du marché en compagnie du ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, ressemble fort _ qu’on le veuille ou non _ à un acte politique. A un signal, même discret. D’où la mise au point immédiate du ministre. « Pas du tout. Nous sommes là à ma demande, cela n’a rien à voir avec les municipales ».

Dont acte.

« Vous voyez, Duparay n’est pas en campagne », glisse un Montcellien, mi-amusé, mi-sceptique. Car la question demeure : simple visite institutionnelle ou première pierre d’un édifice à venir ?

Interrogé, Lionel Duparay entretient le flou. « Les municipales à Montceau ? On verra, j’ai ma petite idée », lâche-t-il, avant de couper court. « Ce n’est pas le moment ». Sourire en coin, silence maîtrisé, l’art de ne rien dire tout en laissant entendre beaucoup.

Officiellement donc, cette matinée montcellienne est à mettre au crédit de l’initiative personnelle du ministre. « Je suis en vacances et j’en profite pour venir ici. C’est important de discuter avec les gens, sinon on se coupe du terrain », avance Sébastien Martin. Dans l’après-midi, direction Chalon-sur-Saône pour une visite aux Restos du Cœur, toujours aux côtés du député.

Sur le marché, un détail interpelle, pas de gardes du corps. « Quand je suis chez moi, en vacances, je n’en ai pas besoin », explique le ministre. Une proximité assumée, prolongée par une invitation au café, au Carnot, avec quelques Montcelliens. A la bonne franquette, sans protocole.

Autour du café fumant, la parole se libère. « Y en a marre de la politique et des politiques », lance l’un. Le prix de l’essence revient sur la table, en baisse aujourd’hui mais promis à la hausse demain avec une nouvelle taxe censée « financer notamment MaPrimerenov’  » précise le ministre. Une explication qui peine à convaincre. « C’est de la connerie, il vaudrait mieux faire des emprunts à taux zéro », rétorque un consommateur du Carnot.

Santé, retraites, pouvoir d’achat, les griefs s’enchaînent. « J’ai perdu 7 € sur ma retraite », « Moi, 22 € sur ma pension ». Le constat est brutal et unanime, « y en a marre de payer ».

Un climat de défiance largement partagé. « Ce qui se passe au niveau national, et même international, effraie les gens », observe un autre consommateur.

L’époque n’est pas à la sérénité et encore moins à l’insouciance. Le malaise est palpable, diffus, nourri par un sentiment d’instabilité permanente et une défiance croissante envers les institutions.

Face à cela, Lionel Duparay affiche pourtant une confiance mesurée. Le député de la 5e circonscription estime que le budget sera adopté à l’Assemblée nationale lors de la reprise des séances, les 5 ou 6 janvier 2026. « Je suis d’un naturel optimiste », glisse-t-il, comme pour conjurer les doutes ambiants. Il précise sa pensée. « Aujourd’hui, même si les gens sont soit blancs, soit noirs, il faut revenir à l’apaisement, à une forme d’intelligence collective ». Et de rappeler avoir voté le PLFSS, le budget de la Sécurité sociale.

Fraîchement arrivé au Palais-Bourbon, Lionel Duparay découvre aussi les codes et les rapports de force d’un autre monde. Membre des Républicains, il revendique une certaine indépendance. « Je ne reçois d’ordres ni de Bruno Retailleau, ni de Laurent Wauquiez », affirme-t-il, évoquant « une grande liberté » au sein du groupe LR à l’Assemblée.

Avant de prendre la route de Chalon-sur-Saône, le ministre et le député effectuent une dernière halte à la manufacture Perrin. Un symbole, là encore, qui ne doit rien au hasard. « Quel bel endroit ! » s’enthousiasme Sébastien Martin. Des chaussettes aux pulls, en passant par les jeans, tout est fabriqué en France. Une vitrine du savoir-faire industriel national, chère au ministre… et un clin d’œil appuyé à un territoire en quête de reconnaissance et de perspectives.

Visite ministérielle sans protocole, écoute citoyenne, gestes de proximité, symboles choisis, officiellement, rien à voir avec les municipales. Officieusement, chacun aura noté que, sur le marché de Montceau comme ailleurs, la politique ne prend jamais vraiment de vacances.

J.B.

Les commentaires sont fermés.