Montceau – « Seb » 27 ans : une famille face au silence judiciaire, la dignité d’un combat

Le 19 février 2023, la vie de Sébastien Oborzycki s’est arrêtée brutalement à l’échangeur de la RCEA, au Bois du Verne, à Montceau-les-Mines. Il avait 27 ans. Ce jour-là, au guidon de sa moto, il est entré en collision avec une voiture qui s’engageait sur la route. En quelques secondes, une famille a basculé. Une épouse a vu s’effondrer son avenir. Trois petites filles ont attendu en vain le bruit familier du moteur annonçant le retour de leur père. Il n’est jamais revenu.

Deux ans plus tard, la douleur est intacte. Elle s’est même alourdie d’incompréhension lorsque le procureur de la République a décidé de classer l’affaire sans suite. Une décision qui a frappé les proches comme une seconde onde de choc.  Le procureur n’a retenu que l’excès de vitesse de Sébastien, il n’a pas pris en compte le refus de priorité de la conductrice qui voulait s’engager sur la RCEA. Cette conclusion est inacceptable. Elle ne répond ni aux questions ni au besoin de vérité.

Ce samedi 28 février 2026, une deuxième marche s’est déroulée dans les rues de Montceau-les-Mines. Ils étaient une soixantaine, famille et amis, motards, à se rassembler d’abord sur le parking de la mairie, avant de défiler dans le centre-ville. Un cortège digne, déterminé. Dans les regards, il y avait la tristesse, mais aussi une volonté farouche, celle de ne pas laisser l’affaire s’éteindre dans un dossier refermé.

Les parents de Sébastien continuent le combat. Ils ne cherchent ni vengeance ni agitation. Ils demandent qu’un procès se tienne, que les circonstances soient examinées publiquement, que chaque responsabilité soit regardée en face. Ils demandent que la mort de leur fils ne soit pas résumée à une ligne dans une décision administrative.

A ce jour, l’un des derniers recours est de se tourner vers le doyen des juges de Chalon-sur-Saône. Pourrait il rouvrir le dossier ?

Ce samedi, les pas résonnaient sur le pavé comme un rappel obstiné car derrière les statistiques routières, il y a des vies, des visages, des enfants qui grandiront avec un vide. La plaie ne s’est pas refermée. Et tant qu’ils n’auront pas obtenu ce qu’ils estiment être un juste examen des faits, les parents de Sébastien continueront d’avancer, avec gravité, avec dignité, portés par l’espoir qu’un jour, la justice accepte de rouvrir le chemin vers la vérité.

J.B.

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