Montceau – Les maîtres du temps du Ciné Caméra Club

Dimanche après-midi, à l’Embarcadère, ils étaient près de cinq cents à venir retrouver ceux que l’on appelle, avec un brin de malice et beaucoup de respect, les maîtres des horloges, les membres du Ciné Caméra Club de Montceau. Pour son 59ᵉ festival, le club a entraîné le public dans un voyage singulier, un périple où les 13 courts métrages projetés ont déroulé leurs histoires au rythme précis de 24 ou 25 images par seconde.

Un tempo qui appartient à ceux qui savent plier le temps à leur volonté. « Au cinéma, nous pouvons aller en arrière, en avant, ralentir, compresser même le temps… nous pouvons jouer avec le temps », aime rappeler le président, Casimir Kielbasa, maître de cérémonie et passionné de cette grammaire lumineuse.

Le Ciné Caméra Club, ce sont 55 membres, tous happés par la magie de l’image. Des passionnés qui vivent l’art de filmer comme une quête, une curiosité insatiable qui les pousse sur tous les chemins, au hasard, dans les vignes de Pommard, sous la nef du Grand Palais à Paris pour une exposition de Daniel Buren,  le long du chantier titanesque de la RCEA à Blanzy, – dans le silence lourd d’Auschwitz-Birkenau, au fil des couleurs du peintre Jean-Claude Bligny ou encore dans un échange complice avec Reine « Pompon » Lacour.

Visionnaires, passionnés, parfois légionnaires du réel, ils capturent le monde comme il va, comme il tremble, comme il change. Ils fixent la lumière, les gestes et les voix, pour mieux nous les restituer.

Car le Ciné Caméra Club de Montceau, c’est d’abord un état d’esprit. Une manière d’être au monde et de regarder la ville. « Vous vous intéressez à notre vie, à notre ville, c’est votre façon à vous de nous donner à réfléchir », a souligné madame le maire, Marie-Claude Jarrot, saluant le regard singulier de ces artisans de mémoire.

Alors, lorsque Casimir Kielbasa a prononcé les mots tant attendus,  » Le 59ᵉ festival du Ciné Caméra Club est ouvert », chacun a compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’un lancement officiel. C’était une invitation. Un appel à ralentir, à ressentir, à se laisser guider par ceux qui savent mieux que quiconque dompter le temps.

J.B.

Les commentaires sont fermés.