Montceau – Ancien cinéma : la ville impose des travaux d’urgence après l’effondrement

Le 6 février dernier, un pan de mur de l’ancien cinéma Les Plessis, à Montceau-les-Mines, s’est effondré. Problème, cet effondrement a causé des dégâts sur le tènement 44 du plan cadastral, propriété de la SCI Matignon. Une situation déjà délicate qui s’est rapidement compliquée, opposant la ville de Montceau-les-Mines, propriétaire de l’ancien cinéma, à la SCI.

Un éclairage devenait urgent afin de comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire. D’où la conférence de presse organisée vendredi par madame le maire _ « à laquelle nous n’avons pas été invités », regrette Monsieur Matignon. Lui et son épouse ont toutefois été informés de l’arrêté pris par la ville de Montceau,  un arrêté de police pour intervenir et exécuter des travaux urgents, transmis par lettre recommandée avec accusé de réception le 18 février à la SCI Matignon.

Il est indiscutablement urgent de purger la partie effondrée et de la sécuriser afin de permettre aux locataires et aux propriétaires des appartements situés au 11 rue Ferrer _ de l’autre côté, juste à côté du Vendôme _ de réintégrer leurs logements. Depuis le 30 janvier, ils ont interdiction d’emprunter la coursive du 11 rue Ferrer, à la suite de l’éboulement de pignons sur la toiture du bâtiment appartenant à la SCI Matignon. Sept foyers sont concernés. Ils ont été relogés à l’hôtel, en Airbnb ou chez des proches.

Mais pour accéder au pan de mur effondré _ impossible par la rue Ferrer _ les engins de chantier n’ont d’autre choix que de passer par la cour (tènement 44 du plan cadastral), propriété de la SCI Matignon.

Afin de permettre leur passage dès ce lundi 23 février 2026, la ville a donc pris un arrêté de police.

Il est précisé que la SCI Matignon peut solliciter une indemnisation du préjudice directement lié à cette occupation temporaire. L’exécution est immédiate et il pourra être fait appel à la force publique en cas d’opposition matérielle.

La ville de Montceau-les-Mines s’appuie sur la jurisprudence du Conseil d’État du 10 octobre 2005 (commune de Badinières, Isère).

La SCI Matignon laissera-t-elle les engins pénétrer dans sa cour lundi matin ? « Venez, vous verrez », répond Monsieur Matignon. Au-delà du bon sens, la question est aussi financière : à combien s’élèveront les indemnisations ?

Aujourd’hui, l’ancien cinéma est devenu un sujet dont se sont emparés plusieurs candidats aux élections municipales, parmi lesquels Isabelle Louis, Éric Commeau et Laurent Selvez.

Marie-Claude Jarrot a rappelé que la ville a acquis le cinéma Les Plessis et le bar Le Vendôme le 13 décembre 2024 « pour reprendre la main sur un site stratégique en cœur de ville et porter un projet d’attractivité ».

Des diagnostics ont été réalisés, comme l’exige toute vente immobilière. « A cette époque, je ne connaissais absolument pas les désordres du tènement 46 », précise madame le maire.

En avril 2025, la ville a sollicité l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) et le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) afin d’accompagner le projet de réhabilitation de l’ancien cinéma. Puis, le 20 juin, l’agonie du vieux bâtiment dont l’existence est attestée dès 1880, s’est poursuivie.

« La première intention était de créer un tiers-lieu et des logements, mais nous n’avons pas trouvé de financements. Nous envisagions de vendre Le Vendôme séparément », explique le maire. La SEM locale n’a pas souhaité l’acquérir non plus.

La ville a acheté la parcelle 46 au prix de 210 000 €, après le vote du conseil municipal en mai 2024 (Laurent Selvez a voté contre, les autres membres de l’opposition se sont abstenus). Les Domaines avaient estimé le bien à 230 000 €.

Désormais, il n’est plus question de reconstruire. « Le 20 juin, nous avons basculé de la réhabilitation à la destruction », indique Marie-Claude Jarrot. Et il y a urgence. « Nous devons remettre de l’ordre dans le désordre. Le temps de Monsieur et Madame Matignon n’est pas le nôtre ».

D’où cet arrêté de police pour exécution immédiate : purger les 60 m² au sol correspondant à la partie effondrée et sécuriser le bâtiment.

J.B.

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