Il est une heure qui n’en est presque plus une. Une minute fragile, silencieuse, qui vacille entre ce qui a été et ce qui n’existe pas encore. C’est à cette minute-là que Julien Clar a choisi de donner un nom, un visage, une matière : 23h59. L’artiste montcellien installé au du Bois Garnier, expose actuellement à l’Embarcadère un travail singulier, dense, presque vertigineux, un travail comme le soulignait madame le maire, Isabelle Louis, « qui ne laisse personne indifférent ».
23h59 n’est pas l’horaire d’un train en gare montcellienne. Ce n’est pas un départ, ni une arrivée. C’est un seuil. Une frontière invisible où la journée se replie sur elle-même avant de disparaître. « 23h59, c’est l’heure du bilan », confie l’artiste. L’heure où les pensées remontent sans prévenir, où les silences deviennent plus lourds, où les regrets prennent une forme.
Dans cette exposition, le temps ne passe pas, il observe. Il s’approche doucement, comme la mort elle-même, non pas comme une menace, mais comme une présence. Celle qui peut surgir dans une minute, ou simplement dans un regret que l’on n’a jamais osé nommer. Un regret discret, presque banal, mais brûlant : ne pas avoir dit, ne pas avoir tenté, ne pas avoir écouté son cœur.
Alors Julien Clar tend au visiteur un geste simple, écrire, déposer, laisser. Sur un mur, des mouchoirs deviennent des confidences silencieuses. « Ce mur est destiné aux vivants », dit-il. Aux vivants qui portent des peines ordinaires, aux vivants qui veulent se délester d’un poids invisible. Ici, le regret ne disparaît pas, il se transforme. Il devient une trace, une mémoire, une larme figée dans le temps.
Et à mesure que l’on avance, une question s’installe, presque dérangeante : et si c’était la mort qui donnait le goût à la vie ? Qui a vraiment goûté à la mort ? Peut-être ceux qui meurent d’ennui, ceux qui passent à côté d’eux-mêmes, ceux qui n’osent jamais franchir le pas.
Julien Clar ne cherche pas à rassurer. Il interroge. Il dérange doucement. Il oblige le visiteur à regarder l’heure autrement. Car 23h59 n’est pas la fin. C’est peut-être, au contraire, le moment précis où l’on comprend qu’il est encore temps de vivre ou « mourir de plaisir » comme chantait Michel Sardou.
Oui, ça fait bizarre de « se réchauffer par des mots, des mots qui retiennent les heures ». Il est 23h59.
L’exposition est visible à l’Embarcadère jusqu’au 6 juin 2026.
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J.B.
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Michelle Muller à la culture et au patrimoine.
C’est l’annonce faite par le nouveau maire de Montceau, Isabelle Louis au vernissage de l’exposition de Julien Clar. « Michelle Muller a en charge la culture et le patrimoine, un secteur qu’elle partage avec Solange Capber. Pour ma part, je garde une part de ce grand volet qu’est la culture car j’aime beaucoup les arts » précisait elle.
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