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L’installation du nouveau conseil municipal de Montceau-les-Mines, vendredi en début de soirée, n’a pas seulement marqué un changement de majorité. Elle a surtout révélé, en quelques minutes, ce que la politique locale peut produire de plus brutal, l’enthousiasme des uns, la défaite des autres et cette bascule parfois difficile à accepter quand une page se tourne.
Chez les nouveaux élus, les frissons étaient bien là. Une forme d’excitation, presque palpable. En face, chez les sortants, et en particulier chez Marie-Claude Jarrot, qui perd son fauteuil de maire, on devinait autre chose, une douleur contenue, celle d’un pouvoir qui s’achève et d’un mandat qui se referme dans un silence lourd.
Mais les urnes ont parlé. Isabelle Louis est désormais maire de Montceau-les-Mines. Vingt-trois voix, une majorité claire et une responsabilité immense.
Reste un élément que cette installation a également mis en lumière, le rôle du RN. Le groupe d’Arnaud Sanvert a apporté ses cinq voix, mais il a surtout donné à voir une réalité moins glorieuse. Depuis le soir du second tour, l’extrême droite s’est retrouvée fort dépourvue lorsqu’il a fallu aligner cinq noms pour siéger au conseil municipal. Sandrine Guegen, Wissam Dahou, Marie-Françoise André, Serge Lauvernier et Marie Moisset n’ont finalement pas donné suite, « pour des raisons personnelles, professionnelles et pour maladie », a expliqué le chef de file. Résultat, ce sont les 9e et 10e de la liste qui ont dû remonter pour constituer le groupe.
Cinq élus pour le prix de dix, difficile d’y voir autre chose qu’une formation politique capable de capter un vote de colère, mais beaucoup moins prête à assumer la responsabilité qui va avec.
Dans ce contexte, l’élection d’Isabelle Louis prend une dimension particulière. Élue avec vingt-trois voix, elle a immédiatement insisté sur ce que représente, selon elle, la fonction de maire, non pas un statut, mais un engagement total.
Son parcours, elle l’a rappelé sans emphase. Née dans le quartier Salengro, attachée à Montceau-les-Mines, revenue en 2003 pour enseigner dans les établissements de la ville, elle s’inscrit dans une histoire locale, presque familiale. Son grand-père, Pierre Boudot, maire pendant la guerre. Son père, militant actif dans le bassin minier. Autrement dit, une culture politique ancrée dans le territoire et dans une certaine idée du service public.
Mais au-delà du symbole, c’est la situation de la ville qui s’impose déjà. Isabelle Louis a annoncé un état des lieux financier précis dans les prochaines semaines. Derrière le discours d’installation, il y a désormais la réalité, des finances à redresser, des services publics à maintenir, une ville à redynamiser et une jeunesse à convaincre qu’elle a encore un avenir ici.
Le mandat sera jugé là-dessus et sur rien d’autre. Sur la capacité à agir concrètement, à remettre en mouvement une ville et à redonner confiance à des habitants qui, pour la moitié, ne sont pas allés voter.
Isabelle Louis l’a affirmé, « le mandat qui s’ouvre sera un mandat d’action, de redressement et de transformation ». D’abord renforcer les services publics de proximité, faire de la santé une priorité avec la mise en place d’une mutuelle communale, se mobiliser pour le projet de construction du nouvel hôpital, agir sur les mobilités, renforcer le soutien à la vie associative, à la vie culturelle et sportive, mettre en place les conseils de quartier, rénover les équipements les plus dégradés, faire de la médiathèque un véritable lieu de culture pour que Montceau-les-Mines soit une ville apaisée et juste en agissant sur la prévention et le dialogue, mais aussi avec la plus stricte fermeté face aux incivilités.
En résumé, deux priorités guideront les décisions de la nouvelle maire, le redressement des finances et le rayonnement de Montceau-les-Mines. Une formule simple, mais qui dit tout. Car si ce mandat échoue, ce ne sera pas seulement une majorité qui sera sanctionnée, ce sera toute la politique locale qui s’enfoncera dans la défiance.
Reste maintenant l’essentiel, passer des mots aux actes. Et très vite. Le débat d’orientation budgétaire du 8 avril donnera un premier aperçu. Le budget 2026, voté le 27 avril, dira déjà si ce mandat commence par des intentions… ou par des décisions quand bien Isabelle Louis déclarait : « Nous devons avancer ensemble. Nos sensibilités peuvent être différentes mais notre responsabilité est commune ».
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J.B.
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