Montceau – Deux centrales solaires pour prolonger l’histoire énergétique

Le lac Saint-Louis.

Avec deux projets de centrales photovoltaïques, l’un sur le lac Saint-Louis, l’autre sur l’ancien site minier des Chavannes, la ville affirme sa volonté de faire de la transition énergétique un nouveau moteur de son développement. Entre héritage industriel et ambition écologique, Montceau trace un chemin qui refuse la résignation et assume l’avenir.

A Montceau-les-Mines, l’énergie n’a jamais été un mot creux. Elle a jailli du sol sous forme de charbon, façonné une ville, structuré une société et forgé une identité. Près de 170 ans après sa naissance, Montceau continue d’écrire son histoire à travers l’énergie. Une énergie différente, mais appelée à jouer le même rôle moteur.

Sur le lac Saint-Louis, des panneaux photovoltaïques flottants produiront, à l’horizon 2030, près de 18 MWc d’électricité. Au lavoir des Chavannes, haut lieu du passé minier, une centrale solaire terrestre de 3 MWc viendra compléter le dispositif. Deux sites emblématiques, deux projets structurants et un message clair, Montceau ne tourne pas le dos à son histoire, elle la prolonge.

Car pour madame le maire, Marie-Claude Jarrot, le fil est évident. « Montceau est une ville d’énergie dans tous les sens du terme », rappelle-t-elle. Une ville née du charbon, devenue terre d’industrie et qui entend désormais être reconnue « comme une terre de nouvelles énergies ». Un territoire « de tous les possibles », selon ses mots, à condition de ne pas subir les transitions mais de les conduire.

Qui mieux que Jean-François Jaunet, vice-président à la CUCM en charge du développement durable et fils de mineur de fond, peut en mesurer l’impact avec un territoire qui compte quatre centrales photovoltaïques et qui entend bien développer le photovoltaïque sur les toitures, les parkings et les terre sans valeur et faire baisser les émissions de CO2.

Ces projets ne sont ni improvisés ni opportunistes. Ils sont le fruit d’un travail engagé dès 2021 par l’équipe municipale, aujourd’hui concrétisé par la signature d’une concession de 30 ans avec le groupement GEG ENeR – SEM SELER, à l’issue d’une consultation rigoureuse lancée en mars 2025 et conclue par la décision du conseil municipal en novembre dernier.

Pour Christine Gochard, directrice générale de GEG, cette signature dépasse largement le cadre d’un contrat. « C’est un engagement fort et visionnaire », souligne-t-elle, « pour une ville née de l’énergie et qui poursuit son développement autour de cet axe énergétique ». A terme, ces deux centrales représenteront l’équivalent de la consommation de 10 000 habitants, un chiffre qui, à l’échelle locale, pèse lourd.

Mais produire une énergie renouvelable ne suffit pas à réussir une transition. Encore faut-il la partager. Jean Sainson, président de la SEM SELER, insiste sur cet enjeu central, les Montcelliens doivent pouvoir s’approprier ces projets et en retirer des bénéfices concrets. Un point également martelé par le maire qui appelle à « embarquer la population dans cette production d’énergie renouvelable » et à adopter « une approche positive de cette responsabilité écologique ».

A Montceau, cette transition s’inscrit dans une continuité historique assumée. « En 170 ans, nous sommes passés de l’extraction du charbon aux énergies renouvelables », rappelle encore Marie-Claude Jarrot. Une évolution qui n’efface ni les combats ouvriers ni la mémoire minière, mais qui ouvre une nouvelle page. Celle d’une ville capable de transformer son héritage industriel en levier d’avenir.

Montceau-les-Mines apporte ainsi la preuve qu’une ancienne ville minière peut devenir une ville pilote de la transition écologique sans renier ce qu’elle est. Ici, l’énergie n’a jamais cessé d’être un moteur. Elle change de forme et elle continue de porter un projet de territoire, faire de la transition énergétique non pas une contrainte subie, mais une ambition collective.

J.B.

Des infos intéressantes

Le contrat de concession prévoit des modalités financières comprenant le versement de loyers d’exploitation, un intéressement au chiffre d’affaires des centrales et une participation de la commune au capital des deux sociétés. La ville de Montceau-les-Mines et la CUCM percevront également les retombées fiscales liées à l’exploitation des installations.

Le groupement GEG ENeR et SEM SELER s’est engagé à recourir, lorsque cela est possible, à des entreprises locales pour la phase de construction et à travailler avec la commune sur l’intégration de clauses d’insertion sociale dans les marchés et ses partenaires. Le projet inclut également une dimension de participation citoyenne, tant dans sa conception que dans son financement ainsi que la recherche de contrats de vente locale de l’énergie produite.

Les études préparatoires aux projets sont en cours. Les demandes d’autorisations devraient être déposées avant fin 2027. La mise en service des centrales est envisagée à l’horizon 2030.

 

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