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N’allez pas vous raconter l’histoire confortable d’un orage soudain.
Les dysfonctionnements de Pattes de Velours ne sont pas tombés du ciel le 14 février, dans la salle des fêtes du Magny, à Montceau-les-Mines. Ce soir-là, l’assemblée générale fut houleuse. En vérité, elle fut l’explosion d’une cocotte-minute que l’on maintenait sous pression depuis plusieurs années.
Car le malaise couvait. Harcèlement moral, humiliations, intimidations, jusqu’à des violences physiques, les accusations visant l’ancienne présidente, Martine Léger, ne datent pas d’hier.
« Elle nous insultait, nous traitait de voleuses, de tueuses de chats », confie la nouvelle présidente, Sylvie Zito, lors d’un point presse à la Maison des associations. Les mots sont crus. Ils disent une atmosphère de peur plus sûrement qu’un long discours.
« Martine Léger faisait peur aux gens », résume Pierre Mencès, nouveau trésorier. Peur, ce mot court et brutal qui, à lui seul, éclaire le fonctionnement d’une association devenue forteresse. Avant sa destitution, Martine Léger cumulait les fonctions de présidente, trésorière et secrétaire. Une concentration des pouvoirs qui aurait fait pâlir d’envie un monarque d’Ancien Régime : pas de comptes rendus, pas de votes dignes de ce nom, pas de contre-pouvoir. L’association tournait en vase clos, sous clé.
Le 14 février, les adhérents à jour de cotisation ont tranché. Cinq administrateurs ont été élus, formant un nouveau bureau avec une mission aussi ingrate que nécessaire, remettre à plat, trier, vérifier, reconstruire. Et surtout, revenir à l’essentiel, les chats.
Car pendant que les querelles d’ego enflaient, la chatterie, elle, a été vandalisée le 17 février. Des faits qui ont conduit Martine Léger en garde à vue, avant son déferrement devant le tribunal de Chalon-sur-Saône. Elle devra répondre de dégradations aggravées le 25 juin prochain. Triste symbole. Quand l’autorité se fissure, ce sont toujours les plus fragiles qui paient l’addition.
Mais l’affaire ne se limite pas aux murs d’une chatterie. Plusieurs adhérents reprochent à l’ancienne présidente d’avoir transformé l’association en marchepied politique en vue des municipales de 2026.
Car Martine Léger, sous le nom de Véronique Léger, figure en deuxième position sur la liste « Relève toi Montceau », conduite par le Rassemblement national. La tête de liste, Arnaud Sanvert, était d’ailleurs présente le 14 février au Magny, en qualité d’adhérent.
Liberté d’opinion, certes. Mais instrumentalisation d’une association à des fins partisanes ? « En aucun cas », tranche Pierre Mencès. Les bénévoles peuvent avoir des convictions, ils n’ont pas à les greffer sur le dos des chats.
La liste en question, composée pour partie de proches et d’anciens adhérents, a suscité des commentaires acides. « C’est une super liste. On n’a pas eu besoin de les chercher, ils sont venus à nous ! Et ça vous emmerde », lançait Véronique Léger. Une déclaration bravache qui tient lieu de programme et résume, peut-être, une certaine conception du débat.
Sur le plan administratif, les zones d’ombre s’épaississent. En juin 2021, elle se présentait dans la presse locale comme nouvelle présidente et déposait de nouveaux statuts. En novembre 2024, elle les modifiait à nouveau, sans mandat formel. « La validation du conseil d’administration qu’elle invoque n’existe pas. La signature de la secrétaire est un faux », assure le trésorier. Les mots sont lourds : usurpation de fonctions, abus de pouvoir, faux et usage de faux.
A cela s’ajoute une facture de 4 050 euros adressée à la mairie de Montceau-les-Mines pour l’achat de grillage, sans mention du prix hors taxes ni de la TVA. « Cette facture n’a jamais été débitée sur le compte de l’association », affirme Pierre Mencès. Dans une structure fondée sur la confiance, l’opacité est toujours un poison lent.
Depuis l’assemblée générale, les comptes sont bloqués. Les documents comptables n’ont pas été transmis. La nouvelle équipe se donne six mois pour assainir la situation avant de convoquer une assemblée générale extraordinaire. Un travail de fourmi, ingrat et minutieux, pour redonner à l’association ce qu’elle n’aurait jamais dû perdre, la clarté.
« Une nouvelle équipe est en place », assure Sylvie Zito. Les tâches ont été réparties, les priorités fixées. Transparence, sérénité, bien-être des chats. Des mots simples, presque modestes, mais qui sonnent comme une rupture avec les années d’opacité.
Car au fond, derrière les querelles de personnes et les ambitions politiques, il y a des bénévoles lassés, une image écornée et des animaux qui n’ont rien demandé. Pattes de Velours veut tourner la page. Non par vengeance, mais par nécessité.
La présidente lance un appel, que les anciens adhérents reviennent, que de nouveaux s’engagent. Elle remercie aussi le soutien de Félins sans famille et des communes du Bassin minier. Et que l’on reparle enfin de soins, d’adoptions, de solidarité et non de faux, de factures et de tribunaux.
Contact : 06 35 29 44 19.
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J.B.




