Le bâtiment qui abrite le Centre d’interprétation de la ligne de démarcation à Génelard date de 2002. À l’origine conçu comme un lieu de mémoire, il a vu la bibliothèque municipale s’y ajouter, faisant de l’ensemble un véritable espace de partage culturel.
La ligne de démarcation, instaurée après l’armistice du 22 juin 1940, séparait la France occupée par l’Allemagne nazie de la zone dite « libre », administrée par le régime de Vichy. Longue de près de 1 200 kilomètres, elle traversait la Saône-et-Loire, passant notamment par Génelard. Jusqu’en mars 1943, cette frontière intérieure fut un obstacle majeur pour les populations avec des contrôles stricts, laissez-passer obligatoires, passages clandestins, arrestations et des actes de résistance qui ont marqué le quotidien de ces territoires. Génelard fut ainsi un lieu emblématique de ces années sombres, où la ligne de démarcation pesait lourdement sur la vie locale.
Cependant, malgré la qualité de ses explications et de ses documents, le Centre d’interprétation avait vieilli et nécessitait une véritable seconde vie. « Nous voulions le rendre plus moderne, avec une scénographie faisant appel au numérique afin de le rendre plus accessible. Les visiteurs ont besoin de voir des éléments concrets, comme les laissez-passer », explique Jean-François Jaunet, maire de Génelard, mercredi soir lors de l’inauguration.
À l’heure du digital, le Centre d’interprétation de la ligne de démarcation se distingue désormais par une scénographie contemporaine, imaginée par la société dijonnaise Pangram. Grâce à son approche mêlant graphisme et multimédia, l’entreprise a su enrichir le parcours de visite en attachant autant d’importance au sens qu’à l’image. Cette nouvelle mise en lumière du lieu permet de mieux comprendre la réalité vécue par les habitants et les voyageurs contraints de franchir cette frontière intérieure.
Indépendamment de l’aspect artistique et pédagogique, les travaux ont également porté sur des améliorations techniques, notamment le chauffage et l’isolation de la toiture.
Le coût total du projet s’élève à 229 000 €, dont 116 000 € de subventions (71 000 € de l’État et 45 000 € du Département). « Nous attendons également 50 000 €s du Fonds européen », précise le maire.
Particulièrement intéressé par cette rénovation en raison de sa formation d’historien, le sous-préfet d’Autun, Jean-Baptiste Constant, a souligné la portée symbolique du bâtiment. « Il est essentiel de disposer de lieux de mémoire comme celui-ci ».
Aujourd’hui, le Centre d’interprétation de la ligne de démarcation de Génelard se présente comme un outil mémoriel du XXIᵉ siècle, permettant d’éclairer avec justesse et modernité l’une des périodes les plus sombres de notre histoire.
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J.B.
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