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A 35 ans, Tiémoko Konaté n’est pas un joueur comme les autres au FC Montceau. Depuis son arrivée en juillet 2025, l’attaquant ivoirien s’est imposé comme une référence, un leader naturel, ce genre de joueur que tous les entraîneurs rêvent d’avoir dans leur effectif.
Son parcours force le respect. Près de dix saisons passées au Sparta Prague, deux titres de champion de République tchèque, un doublé, un triplé, deux quarts de finale d’Europa League, puis une expérience dans le championnat danois, rarement le FCMB, en quarante ans d’existence, avait accueilli un joueur d’une telle envergure. Un buteur, un combattant, qui match après match s’est imposé comme l’un des visages offensifs de Montceau.
Et pourtant, Tiémoko Konaté aurait pu poursuivre sa route bien loin des terrains de Régional 1. Le tournant intervient en 2023, à la naissance de sa fille en France. Sa santé connaît « quelques difficultés », confie-t-il avec pudeur. Entre Prague, le Danemark et Paris où réside son épouse et sa fille, la vie familiale prend le dessus. « La famille passait avant tout. J’ai mis le football en stand-by ». Plus d’un an sans club, malgré une opportunité aux Grasshoppers de Zurich, finalement refusée pour rester en France.
Montceau n’était alors qu’un nom inconnu. Le contact se crée par l’intermédiaire de son agent, proche de Lionel Large, entraîneur du FCMB et Victor Mpindi, ami et ancien coéquipier au FF Vendsyssel au Danemark, tout juste engagé à Montceau. « Le projet m’intéressait. Je suis venu ».
Retour aux sources, quelque part. Né à Abidjan, Tiémoko Konaté a grandi dans le football. Son père, ancien international ivoirien aux nombreuses sélections, lui transmet très tôt la passion du ballon rond. « J’ai hérité de ça, je n’ai fait que du football ». A 17 ans, il découvre l’Europe avec des allers-retours à Parme dans le cadre d’un partenariat. A20 ans, il rejoint le Sparta Prague. « Les six premiers mois ont été difficiles, puis je me suis vraiment éclaté. Nous étions une bande de copains ».
Cette atmosphère, il la retrouve aujourd’hui à Montceau. « Ici, il y a de l’humain. Les gens sont sympas, ils me respectent ». Sur le terrain comme dans le vestiaire, Konaté incarne l’expérience et l’exigence. Travailleur, humble, posé, il met son vécu au service du collectif. Sa lecture du jeu, son sens du combat et sa culture de la gagne font la différence, notamment dans les matchs engagés de Régional 1.
Reconnaissant, aussi. « C’est Montceau qui m’a permis de rejouer. Je serai toujours reconnaissant au FCMB ». Sa mission est claire, ramener le club en National 3. Malgré deux défaites pour entamer l’année 2026, l’Ivoirien reste serein. « Je savais que ce moment allait arriver. Ces contre-performances doivent nous servir. Toutes les équipes nous attendent, à nous d’élever notre niveau ».
Même discours mesuré concernant l’absence de Victor Mpindi. « Personne n’est indispensable. Victor est important, mais il y a des jeunes de qualité. Il faut leur faire confiance ».
Samedi 14 février, Montceau retrouvera son public aux Alouettes face au leader Selongey. Un rendez-vous déjà capital. « C’est presque un derby. A la maison, on doit rester invaincus. La meilleure réponse, on la donnera sur le terrain ».
Finir premier. Monter. Avancer. Tiémoko Konaté parle peu, mais vise haut. Comme il a traversé les défenses européennes, il veut désormais guider Montceau vers le sommet, avec la même détermination et le même courage.
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J.B.
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