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Dix heures d’avion. Yaoundé, au Cameroun, via Libreville au Gabon, puis Paris, avant un dernier trajet en TGV jusqu’à la gare du Creusot-Montceau. Enfin, l’attente touchait à sa fin. Sur le quai, pour l’accueillir, Lionel Large, l’entraîneur du FC Montceau, qui, depuis janvier, espérait ce retour imminent… un retour qui n’arrivait jamais.
Depuis mardi, 17 heures, Victor Mpindi est là. Le soir même, il est passé saluer ses coéquipiers avant l’entraînement, auquel le coach aurait aimé le voir participer. Mais le joueur n’en avait tout simplement plus la force. « Je suis trop fatigué par le voyage », confie-t-il avec un sourire encore marqué par les heures passées en avion.
Dans le vestiaire, les visages s’illuminent. Les joueurs sont heureux de le revoir, et plus encore Tiémoko Konaté, avec qui les liens sont forts. Les deux recrues du début de saison se retrouvent aussitôt dans leur complicité, se chambrant comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Ensemble, ils ont porté le même maillot chez les professionnels du club danois de Vendsyssel. Les voilà réunis de nouveau, pour le plus grand plaisir de Lionel Large et d’un groupe qui, depuis le début de l’année, traverse une période chaotique.
Mais pour l’instant, le retour de Victor Mpindi passe avant les résultats. Au club, tout le monde savoure simplement ce moment.
Le 30 décembre dernier, le milieu de terrain s’était rendu à Paris. C’était la trêve hivernale. Son objectif était simple, rejoindre le Cameroun pour obtenir un nouveau visa. « Sinon, j’étais dans l’illégalité » explique-t-il. « J’avais juste prévu de faire l’aller-retour ». Mais le Cameroun, ce n’est pas la France. « Quand tu n’es pas Européen, tout devient compliqué. Là-bas, la bureaucratie, tu ne la contrôles pas. A chaque fois qu’on me disait : cette fois c’est bon, quand j’arrivais on me demandait encore un papier supplémentaire », raconte-t-il. Trois mois d’attente. Trois mois loin du terrain. « Trois mois, c’est long… mais c’est l’Afrique ».
Dans cette épreuve, il a pourtant connu le plus beau des bonheurs, la naissance de son premier enfant. Un garçon, né le 16 mars, prénommé Isaac Rayan. « Si j’étais revenu en janvier, j’avais de toute façon prévu de retourner au Cameroun pour cet heureux événement », confie-t-il avec fierté.
Même loin du FC Montceau, Victor Mpindi n’a jamais cessé de jouer. « Regardez, coach », dit-il en montrant une vidéo sur son téléphone à Lionel Large. On le voit évoluer sur un terrain en terre battue, sous le soleil. « Du foot, que du foot. A Yaoundé, c’est facile de jouer », sourit il.
La fatigue se lit encore sur son visage, mais le bonheur est plus fort. Celui de retrouver l’odeur du vestiaire, le bruit des crampons sur le sol, les plaisanteries, les repères familiers. « Je suis de retour pour aider le club à atteindre son objectif. Nous avons perdu samedi à La Chapelle, mais nous ne sommes pas distancés », assure-t-il. Puis il ajoute, avec une conviction presque contagieuse, « Nous finirons premiers. Nous le ferons ».
Samedi, aux Alouettes, Victor Mpindi sera aux côtés de ses coéquipiers pour recevoir le co-leader, Is-Selongey (match à 17 heures). « Je pourrai jouer ».
Et avec ou sans le Camerounais, le FC Montceau n’a clairement pas le même visage.
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J.B.
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