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Non, il ne s’agit ni d’un retour à la vapeur ni d’un décor de western sur le territoire de la communauté urbaine. Mais en période de campagne municipale, les affrontements politiques ne manquent pas, et la question des mobilités s’impose comme un enjeu central du débat public.
Alors que les déplacements du quotidien figurent en bonne place dans les programmes électoraux des communes, David Marti, président de la CUCM, a choisi de recentrer le débat sur un dossier structurant pour l’avenir du territoire, la desserte TGV. Un sujet qu’il a tenu à mettre en lumière mercredi soir, à l’EVA de Blanzy, rappelant que l’accès à la grande vitesse conditionne à la fois l’aménagement du territoire et son attractivité économique.
Si les fréquences d’arrêts des TGV en gare du Creusot–Montchanin–Montceau ne répondent pas pleinement aux besoins des usagers, le président de la CUCM entend peser politiquement sur ce dossier. Il a ainsi saisi par courrier le président-directeur général de la SNCF, Jean Castex, pour rappeler les attentes du territoire (Courrier au président directeur général de la SNCF). Mais l’ouverture à la concurrence change désormais la donne. L’arrivée d’opérateurs comme Trenitalia France peut constituer une opportunité, à condition que la logique de rentabilité ne se fasse pas au détriment des territoires intermédiaires.
C’est dans cet esprit que David Marti a adressé un courrier au président de Trenitalia France, l’appelant à une responsabilité territoriale assumée (Courrier au président de Trenitalia).
« La dynamique actuelle de la concurrence tend à concentrer les dessertes sur les seules liaisons les plus rentables, au risque de fragiliser les territoires intermédiaires, pourtant essentiels à l’équilibre et à la cohésion du pays. Une telle évolution serait difficilement compatible avec l’image d’un opérateur responsable », souligne-t-il, en insistant sur la nécessité « de maintenir une desserte équilibrée, intégrant des arrêts dans des gares comme Le Creusot TGV ».
Au-delà du TGV, c’est l’ensemble de la chaîne ferroviaire qui suscite l’inquiétude des élus locaux. Car si la grande vitesse est un levier d’attractivité, les trains régionaux restent le socle de la mobilité du quotidien.
Sur ce terrain, David Marti a interpelé la Région Bourgogne–Franche-Comté, compétente en matière de TER. Un nouveau courrier a été adressé à Jérôme Durain, président de Région, pour alerter sur la fragilisation des services de proximité dans les gares de Montchanin, du Creusot et de Montceau-les-Mines, cette dernière ayant déjà perdu son guichet. Si l’offre de trains progresse, la disparition progressive des agents et des guichets pose une question politique majeure, celle de l’égalité d’accès au service public.
« La présence humaine dans les gares ne peut être considérée comme un élément secondaire. Elle conditionne la qualité du service public, la sécurité des usagers, l’inclusion numérique et la confiance dans le transport ferroviaire », a écrit le président de la CUCM.
Enfin, David Marti relance un dossier laissé en suspens, celui de l’interconnexion entre les réseaux TGV et TER. Un projet qu’il juge cohérent avec les objectifs de transition écologique, d’efficacité des réseaux et de désenclavement des territoires. A ses yeux, remettre ce sujet à l’agenda régional et national relève désormais d’un choix politique clair, celui d’un aménagement du territoire équilibré et solidaire (Courrier à Jérôme Durain, président de la Région BFC).
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J.B.










