Samedi soir, l’EVA n’était plus une salle des fêtes, c’était un théâtre d’allégresse, un écrin bruissant de mille éclats où les couleurs semblaient danser avant même que la musique ne s’élève. Sous l’impulsion fervente du comité des fêtes et du comité de jumelage, la 19e rencontre entre Blanzy et Hettenleidelheim a pris des airs de féerie carnavalesque.
Les étoffes chatoyantes captaient la lumière comme des ailes de papillons nocturnes. Les plumes frémissaient, les masques souriaient, les rires fusaient en cascades. A chaque table, les conversations tissaient des ponts invisibles entre les langues, mêlant l’accent bourguignon aux sonorités rhénanes dans une harmonie presque musicale. Il y avait là plus qu’une soirée, c’était une célébration de l’amitié, patiemment cultivée, fidèle et vibrante.
Puis vint l’instant suspendu. Comme un écho venu des rives du Rhin, le cri éclata, puissant, incandescent : « Helau, helau, helau ! »
Le salut du carnaval allemand fit trembler les murs de l’EVA. Il souleva les cœurs, embrasa les regards, ralluma la flamme joyeuse des retrouvailles. Ce cri n’était pas seulement une tradition, il était un serment d’amitié lancé à la nuit.
Car la fête n’était qu’un prélude. Ce dimanche 1er mars, à partir de 15h, au départ du centre de secours, la ville tout entière s’apprête à devenir scène et cortège. Quatorze chars, véritables palais roulants de fantaisie et autant de groupes musicaux feront vibrer les rues blanzynoises.
Le carnaval de Blanzy n’est pas une simple tradition, il est une respiration collective. Il est cet état d’esprit qui dit que la fête peut rapprocher les peuples, que le rire peut abolir les frontières, que l’amitié franco-allemande se nourrit autant de mémoire que de musique.
Ce sera le battement d’un cœur commun, celui de deux communes unies par la joie, la fidélité et l’espérance partagée.
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J.B.
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