Blanzy – Les voeux du maire, à son image, un homme bien mais facétieux

Il s’est fait plaisir pour ses derniers vœux à la population et aux forces vives. Grand seigneur, Hervé Mazurek s’est même offert le luxe d’un épais manteau de neige en guise de tapis rouge pour accueillir ses invités à la salle des fêtes de l’EVA. Du grand art. Mieux encore, le maire arborait un nœud papillon somptueux, parfaitement accordé à son costume. La classe… à Dallas. Hervé Mazurek comprendra.

L’exercice des vœux est un numéro d’équilibriste où il faut marcher sur le fil du rasoir tout en espérant que l’airbag se déclenche en cas de chute. Ne vexer personne, ne froisser aucun égo, ne trahir aucune promesse… et surtout donner l’impression que tout va bien. Le maire sourit, rassure, caresse tout le monde dans le sens du poil. Un sport municipal.

Sauf que cette fois-ci, l’exercice avait un goût particulier, Hervé Mazurek signait sa dernière cérémonie des vœux. Alors il a osé. Un peu plus. Beaucoup plus. Avec son humour bien à lui, il a même lâché, « c’est mon moment Andy Warhol ». Le voilà donc avec son quart d’heure de célébrité _  peut-être un peu plus _ arborant une coupe mulet (sur une photo), « j’ai décidé d’abandonner les dreadlocks », jouant seul au foot avec des amis imaginaires. Il lui arrivait même de perdre des matches. Comme l’OM contre Nantes. C’était au Bois Roulot de Montceau.

Puis vint ce mercredi 8 janvier 2025, date capitale dans l’histoire locale, la naissance d’Abarth, son chien, pas la Fiat.

Revenons aux choses sérieuses. Il y a 52 semaines, Hervé Mazurek annonçait qu’il ne serait pas candidat aux municipales de mars 2026. Une déclaration qui laissa le conseil municipal d’un calme olympien. De marbre. A croire que certains élus n’en sont toujours pas revenus… ou pas partis.

Nous ferons l’économie de la longue litanie _ douze ans tout de même _ du bilan municipal. Chacun jugera. Regardons plutôt vers 2026, année riche en émotions avec la conquête de la troisième étoile des Bleus, d’abord. « Je sens une certaine tension parmi les élus face à cette quête », confie le maire. Puis les Jeux Olympiques d’hiver _ autre montée de stress _ et enfin, en juillet, le Tour de France dans le Bassin minier. Rien que ça. De quoi donner quelques sueurs froides à des élus pourtant bien au chaud.

Bref, des dossiers lourds qui expliquent « le stress et la tension que je peux ressentir chez certains élus municipaux ». Dehors, la neige tombait. Dedans, l’ambiance se faisait presque épique. A défaut de Game of Thrones en bande-son, on aurait pu convoquer Michel Audiard…

Soudain, c’est l’illumination. Hervé Mazurek recouvre ses esprits. « Mais c’est vrai, il va y avoir les élections municipales en mars 2026 ». N’étant pas candidat, « j’avais totalement occulté ceci ». Une distraction compréhensible. Cette fois, promis, les électeurs auront le choix.

Tout le monde n’a peut-être pas entendu ou voulu entendre, le message subliminal lorsque le maire a déclaré, « je pars avant d’être usé, avant de devenir un despote malgré moi, avant d’être mis dehors ». Car oui, la schizophrénie politique n’est jamais loin. « Il ne fallait vraiment pas faire le mandat de trop ».

Et pour conclure, avec émotion, Hervé Mazurek a lu une dernière fois les vœux de Jacques Brel, datés du 1er janvier 1968.

Des vœux intemporels. Comme une révérence finale. Rideau.

Standing ovation.

J.B.

 

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