Blanzy – Au conseil municipal : l’unité budgétaire face à la fracture politique

Hervé Mazurek, maire de Blanzy sur le départ, a-t-il joué avec le feu en souhaitant faire voter le budget primitif 2026 avant le premier tour des élections municipales, fixé au 15 mars ? A l’issue de l’avant-dernier conseil municipal, tenu jeudi soir et consacré au débat d’orientations budgétaires, la réponse semble claire, c’est non.

Car malgré un contexte politique tendu, malgré une majorité municipale désormais éclatée en deux listes concurrentes, le constat est sans appel, les finances de Blanzy sont saines et les grandes orientations budgétaires font consensus.

Il y avait pourtant de quoi s’attendre à des passes d’armes. D’un côté, les élus de la liste conduite par Christian Grand, de l’autre ceux de la liste menée par Cyrille Politi, avec Sophie Clément, Jean-Louis Savetier, Alexandre Laurent et Concetta Brenier. Deux camps, deux stratégies, une même origine pourtant, tous ont été élus ensemble en 2020. La séparation est politique, la rupture électorale… mais pas budgétaire.

Sur les chiffres, sur la méthode, sur la prudence à adopter dans un environnement financier incertain, l’accord est quasi total. Hervé Mazurek, qui ne briguera pas un nouveau mandat, a résumé la ligne directrice. « L’exercice 2026 s’inscrira dans une logique de continuité et de prudence, tout en marquant une transition vers un équilibre plus exigeant, nécessitant une vigilance accrue afin de garantir la soutenabilité financière à moyen terme ».

Une parole mesurée, qui n’a pas été contestée.

Alors pourquoi deux listes issues d’un même conseil municipal, d’un même bilan, d’un même budget ? La question dérange, mais elle s’impose.

La réponse ne se trouve pas dans les colonnes des tableaux financiers. Elle se niche dans la campagne électorale.

Car s’il y a consensus sur les finances, il y a concurrence sur le récit. Et dans ce récit, certains cherchent à convoquer le passé.

C’est là qu’intervient l’« effet Papillon ».

Soutien affiché de Christian Grand, André Papillon a soufflé une petite musique bien connue, « C’était mieux avant ».

Une phrase lancée presque en passant, mais lourde de sens. Julian Marmorat, qui venait de rappeler l’importance du tissu économique local et l’engagement des commerçants notamment lors de la foire commerciale et artisanale, n’a pas caché son incompréhension. « Mais tu veux dire quoi ? »

Derrière l’échange, une opposition de visions. D’un côté, une nostalgie floue. De l’autre, une réalité économique qui évolue, se transforme, mais continue d’exister.

Hervé Mazurek, en arbitre apaisant, a recadré le débat avec justesse, « Ce n’était pas mieux avant, aujourd’hui c’est différent »  avant de rappeler l’essentiel : « Valorisons le bien-vivre à Blanzy ».

Un message en cohérence avec l’action municipale. La ville soutient activement ses commerçants : 90 % des dépenses du festival Chamboutou leur sont destinées, comme l’a rappelé Alexandre Laurent. Les chèques cadeaux profitent également directement au commerce de proximité.

Même l’ouverture du bar L’Encantada, dans une ville coupée en deux par la destruction du pont de la République, a été saluée comme un acte de courage et de confiance dans l’économie locale.

Pour conclure sur une note concrète, le maire a annoncé un investissement de 25 000 € dans le prochain budget afin d’installer un distributeur de billets en remplacement de celui de La Poste, disparue du paysage blanzynois, un symbole, là encore, d’adaptation plutôt que de nostalgie.

En février, le conseil municipal votera le budget primitif 2026. Sauf surprise, il devrait passer comme une lettre à la Poste.

A Blanzy, on peut donc s’opposer sur les listes, sur les ambitions et sur les slogans de campagne. Mais sur l’essentiel, la gestion des finances communales, l’accord demeure.

Reste à savoir si les électeurs, eux, voteront sur le budget… ou sur le récit.

J.B.

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