Rencontre – La fantastique vie de Mathilde Soares

Un regard perçant. Vert comme un petit homme de l’espace. « Petite, on m’appelait l’extra-terrestre » avoue-elle sous la torture d’un café allongé.

Ce visage de jeune femme est à la fois rassurant, celui d’un ange et terrifiant du démon. Elle entretient ce mystère de belle créature venue d’ailleurs. La douceur de ses yeux s’entrechoque avec ses pensées noires quand elles plongent dans l’univers de David Lynch et sa série « Twin Peaks » en 1992, l’année de naissance ou presque de Mathilde Soares.

C’est une artiste qui navigue des deux côtés du miroir mais n’oublie pas la jeune femme romantique qu’elle est. Pour son anniversaire, vendredi, le jour de ses 26 ans, son copain l’emmène à Rome. Week-end d’amoureux. Un « Virage » pour oublier son, enfin leur court métrage, à Mathilde et Matthieu, ce thriller psychologique et fantastique.

A presque bientôt 26 ans, « j’ai encore 25 ans » préfère-t-elle, Mathilde Soares incarne la nouvelle génération de cette jeunesse qui joue avec l’art comme Chopin du piano.  Avec brio. Peinture, photo, comédie, metteuse en scène, scénariste, elle qui est née à Saint-Vallier, a grandi à Gourdon, a toujours tenu en main un crayon et une feuille de dessin. « Dès l’âge de 4 ans je dessinai des conneries, des animaux, enfin, c’était pas trop moche » se souvient-elle.

Alors direction les cours avec Corado Boust et Roseline Michèle à Montceau-les-Mines

puis l’atelier de Mireille Kazmine jusqu’à ses 18 ans.

« Je n’avais pas de très bonnes notes à l’école.

Moi, je voulais faire de l’art ». Au lycée Parriat, elle prend option cinéma.

Tout se mêle et s’entremêle. Pour mieux cerner le cinéma, l’appréhender, l’apprivoiser dans sa forme et ses couleurs, les beaux-arts sont le chemin à suivre. Ici, c’est Paris avec ses exubérances et se nuits fauves, les cours d’art dramatique au conservatoire. Mathilde valide son diplôme, écrit une pièce de théâtre, la met en scène, « Welcome to the supermarket, on l’a jouée une dizaine de fois dans la Capitale ». Des souvenirs de job d’été en grande distribution à Montceau.

En parallèle, Mathilde peint toujours, sur l’écran de son ordinateur. Une artiste du 2.0, de la peinture numérique, « vous savez style Ikéa, c’est très pop ». Au Japon, ils adorent. Elle expose à Tokyo à la Spiral Gallery. Remporte aussi des prix, le Canson en 2015, expose rue de Rivoli. Mathilde Soares gagne en notoriété. Exposer lui donne une cote.

Pas assez pour vivre et réaliser ses projets de cinéma. « Alors je suis comédienne dans des série TV, Nina sur France 2 et Balthazar sur TF1. De l’alimentaire » traduit-elle. Sa façon de garder toute liberté, un esprit vagabond  et sa fougue de cinéaste. Elle écrit un court métrage « Virage », de 24 minutes, ce thriller psychologique qui se déroule dans un parking. Glaçant et glamour. Horriblement destroy, habillement fantastique. Avec Matthieu, ils ont même monté une boîte de production  31 bis Films. Il doit sortir en novembre et Mathilde va le présenter à des festivals, Rotterdam, Berlin, Toronto. Cannes ? Possible.

Elle a aussi en tête, un long métrage dont l’action se passe aux Settons. Elle est dessus… sur le scénario.

Mathilde sourit. Beaucoup. Débite paroles et idées avec aisance et rapidité. Elle vit en accéléré sauf pour la pause cigarette. Sur son avant-bras gauche, une marque, un trait plutôt, un tatouage. « C’est pour me rappeler de me tenir droite » confesse-t-elle. Châtain aux yeux verts, grande (1.80 m), Mathilde Soares est une jeune femme mystérieuse. Un charme mythologique. Elle a vraiment tout d’une grande… artiste.

Jean Bernard

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