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Hôpital – Le sort du directeur du pôle senior est scellé, une incroyable histoire

A l’intrigante absence du directeur du pôle senior et des unités Alzheimer au centre hospitalier de Montceau, nous pouvons apporter une réponse et même des explications.

H. B. est donc absent de son poste depuis une quinzaine de jours. A un résident de l’EHPAD des Lys, avant son départ, il lui a confié : « Je remonte chez moi (à Reims), je suis fatigué, je vais me reposer ».

Coup de blues, coup de fatigue, ras-le-bol, au bout de quatre mois à Montceau, c’est surprenant au premier abord. Mais à en croire le résident des Lys, « cela n’a rien d’étonnant ».

Le coup de grâce lui a été asséné par Marie-Claude Jarrot, présidente du conseil de surveillance de l’hôpital juste avant son départ. Mais ce n’est pas l’unique raison. Nous y reviendrons.

Le « Non » de Marie-Claude Jarrot

Toujours est-il qu’au conseil de surveillance, H. B. devait intervenir pour présenter le nouveau règlement intérieur de fonctionnement aux EHPAD des Lys et des Glycines. Ce sujet, le directeur du pôle senior l’avait évoqué le 8 janvier 2020, à l’heure des voeux aux résidents et aux familles. « Nous actualiserons le règlement de fonctionnement et le contrat de séjour » avertissait-il. Il assurait aussi « de poursuivre la mise en place de la sécurité des personnes, des biens et du patrimoine ». Louables intentions.

Devant le conseil de surveillance _ Christine Ungerer, directrice du GHT (groupement hospitalier du territoire) avait quitté la réunion _ , H. B. présente deux slides mais pas le règlement. « Vous voulez que nous validions un règlement intérieur sans en avoir pris connaissance, que personne n’a lu ! C’est non » lui a envoyé Marie-Claude Jarrot. « Et les syndicats ont embrayé derrière » ajoute-t-elle. Le sort de H. B. venait de se jouer.

En réalité, son poste ne tenait déjà qu’à un fil, tant ce règlement avait mis des familles et des résidents hors d’eux. « Avant son arrivée, c’était la pagaille » raconte un résident. « H. B. a voulu remettre de l’ordre dans la boutique, apporter des améliorations à la vie aux Lys et aux Glycines » précise-t-il encore. « Ici, on rentrait comme dans un moulin, de jour comme de nuit ».

Alors le directeur du pôle senior a instauré des horaires pour les visites, de 11h à 20h. « J’entendais autour de moi le personnel dire, de toute façon, il (le directeur) ne restera pas longtemps » indique le résident.

« Une partie du personnel lui tournait le dos » (un résident)

Ce dernier va encore plus loin et dit clairement : « Vous avez un petit groupe de cinq/six personnes, des aides-soignantes et des infirmières, qui commande. Alors forcément, les nouvelles règles du directeur… ».

« Ces derniers temps, avant son départ, il avait même reçu l’ordre de ne plus quitter son bureau », rapporte notre témoin qui fait même état de maltraitance auprès des résidents (NDLR : aucune preuve tangible). D’après des familles, le personnel préparait même un mouvement de grève.

Et pourtant, alors que H. B. a fait changer tous les matelas, les taies d’oreillers, « il voulait aussi remplacer les tables du restaurant, nous mettre de vrais serviettes et non pas des bavoirs » assure notre interlocuteur, « une partie du personnel lui tournait le dos », précise-t-il. « C’est pourtant un homme de coeur ».

Pour finir, avant même l’annonce par le préfet des deux décès aux Glycines (un communiqué samedi matin) dus au covid-19, notre témoin nous apprenait (vendredi soir) celui d’un premier résident. « Il est décédé en fin de semaine dernière ».

Avant de clore ce chapitre qui tombe en plein milieu du confinement et la gravité qu’impose la situation notamment dans les EHPAD, des faits rapportés en doivent en aucun remettre en cause le travail du personnel de ces établissements. Mais voilà, l’actualité se télescope entre coronavirus et l’absence du directeur du pôle senior au CH de Montceau. Il en va ainsi de la réalité.

Aux dernières nouvelles, la direction du GHT cherche un remplaçant à H. B.

Jean Bernard

 

6 commentaires

  1. C’est article m’a interpellé et m’a troublé.
    Avant de porter un jugement hâtif, nous devons poser de bonnes questions.
    Pourquoi c’est homme a t’il fui, apparemment, il avait très peur et s’est confiné dans le silence.
    Il est respectueux envers les résidents et très mal perçu par une partie du personnel qui ne lui obéissait pas et ne pouvait donc rien faire, les autres, la peur et le silence, pourquoi ? Faut enquêter très sérieusement.

  2. ce qui serait bien , c’est d’avoir SA version, et qui n’en voulait pas??

  3. Cet article interpelle forcément. On ne peut hélas pas porter de jugement sans connaître les tenants et les aboutissants de cette « sordide » histoire, nous ne les connaîtrons peut être d’ailleurs jamais. Ce directeur s’est confiné dans le silence, mais à notre époque, il faut se rendre à l’évidence !! Notre très chère liberté d’expression vole en éclat ! Il suffit d’écouter les infos ; pourquoi les cas de covid-19 dans les EHPAD ont été passés sous silence ? Ce directeur semble t-il souhaitait instaurer un règlement moins laxiste ; entre autre ; peut-être nécessaire ? Dans les EHPAD, (il y a quand même quelques exceptions) il faut taire tout ce qui « ne vas pas » et les familles trop souvent se taisent de peur de « retombées » sur nos chères têtes blanches !! Il faut arrêter de faire l’autruche !! Il faudrait quand même que toute la lumière soit faite sur ces agissements, mais …. pas gagné…. C’est peut être un peu le pot de terre contre le pot de fer.

  4. Si je comprend bien: il n’est plus là grâce ou à cause de Mme Jarrot? On a enfin notre réponse :en 6 ans elle aura au moins fait une chose pour l’hôpital !!!!!Bonne ou mauvaise :on ne le saura jamais !!!

  5. Pascale Lagrange

    Effectivement cet article interpelle. Je souhaite donc y apporter mon ressenti de famille de résident à l’EHPAD ”LES LYS”.
    J’ai pu constater au fil des jours et depuis son arrivée, la difficile intégration de M BOADE par quelques familles. Au maximum cinq, pour soixante quatorze résidents.
    Il est vrai que la mise en place de certaines mesures ont pu déranger les habitudes, mais restaient faites dans l’intérêt des résidents et du personnel afin qu’il puisse œuvrer sereinement.
    Des heures de visites de 11 H à 20 H, principal sujet de discorde, me semblant cohérentes et en phase avec les pratiques d’autres établissements similaires.
    D’autres sujets de discussions, plus importants auraient prévalus.
    Pour ce qui est des membres du personnel se sentant ”fliqués” je ne pense pas, quand on fait son travail, que l’on puisse avoir quelque chose à craindre et encore moins vivre dans l’angoisse décrite dans un commentaire précédent.
    Je salue le témoignage de ce résident mentionné par l’informateur et confirme.
    J’y ajouterai, malheureusement, les propos racistes et bien minables tenus par certains.
    Toutefois, en cette difficile période, il est surtout important de saluer l’engagement du personnel de ces établissements et tout aussi important de demander qu’un directeur dédié puisse être présent sur le site du pôle senior et des unités Alzheimer.
    Pour conclure, je reste persuadé que M BOADE aurait pu être un excellent directeur pour peu qu’on lui en ait laissé la possibilité.
    J’espère donc qu’il pourra exposer sa version des faits.

  6. Alors la je ne pensais pas que la connerie humaine irait aussi loin…accuser le personnel soignant de maltraitance est très grave… alors expliquer moi pourquoi les deux personnes qui disent ça laissent leur parent dans cet établissement? Et cette incohérence entre le fait que ce directeur soit au top et que le personnel veuille soi disant se mettre en grève…s’il est si bien ce directeur pourquoi le personnel est soi disant contre lui? Je pense plûtot que ces personnes cherchent a nuire à la réputation de cet établissement peut être par vengeance personnel ou autre que sais-je? En tout cas j’espère que ce ne sont pas les memes personnes qui applaudissent le personnel soignant a 20h pour le travail qu’ils accomplissent dans des conditions, on le sait, pas toujours optimales mais dans le respect des personnes qu’elles soignent…De plus, je trouve ça deplacer de faire de telles accusations, sans preuves tangibles, dans ces moments de crise sanitaire où la solidarité devrait primer par rapport à tout le reste…

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