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Davantage de décès en novembre – C’est l’attente au crématorium du Creusot

Il semble que parler du marché de la mort en refroidisse plus d’un. Et pourtant, L’informateur de Bourgogne ne demande pas la lune quand il se renseigne sur le délai d’attente au crématorium au Creusot. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un fait de société fort compréhensible alors que nous traversons une pandémie, que la covid avec la deuxième vague provoque un nombre de décès important sur une courte période.

C’est un secret de polichinelle, le crématorium du Creusot ne peut pas en ce moment répondre à toutes les demandes des pompes funèbres. « L’attente est d’une dizaine de jours » indique Sylvie Brelau, des pompes funèbres Brelau.

Nous avons pris contact avec Jacob Antoine, directeur de Funecap du secteur qui englobe le nord ouest du département de Saône-et-Loire. « Prenez contact directement avec le crématorium » répond-il. Un crématorium sous l’égide de Guy Viollon, une acquisition de Funecap. « David Perrin n’est pas disponible », précise-t-on. Au second appel, on nous invite à prendre contact avec le service communication du groupe Funecap. A Paris, il n’y a personne pour vous répondre. « Envoyez un mail ». Ce que nous fîmes.

Il faut savoir que l’attente au crématorium n’est pas propre à celui du Creusot. « C’est la même chose partout. A Saint-Etienne ou à Clermont-Ferrand, c’est même trois semaines d’attente » fait savoir Sylvie Brelau.

Novembre est un mois compliqué pour la crémation. Les décès dus au covid s’ajoutent aux autres qui « surviennent généralement en cette période de l’année. Alors ce n’est pas une période facile surtout pour les familles quand nous devons leur annoncer une attente de 10 jours. C’est l’horreur. Mais nous n’avons pas le choix » indique Sylvie Brelau avec sincérité et compassion.

Alors faut-il envisager la construction d’un autre crématorium  sur le territoire communautaire ? La question se pose. « En ce moment au Creusot, nous sommes à six crémations par jour » précise-t-elle. Une période délicate. De plus, qui dit dix jours de délai, dit besoin d’une dérogation que doit délivrer la préfecture puisque les familles disposent pour les obsèques de six jours au plus après le décès sachant que le délai recommandé est de trois à quatre jours… logiquement.

Les pompes funèbres s’occupent bien évidemment de démarches.

Jean Bernard

NDLR : nous avons contacté également deux autres entreprises de pompes funèbres. L’une l’accueil a été glaciale, l’autre devait se renseigner.

11 commentaires

  1. La naïveté de l’Informateur fait sourire. Intéressez vous à l’organisation et au fonctionnement financier de ces grands groupes. Vous allez en découvrir !

  2. Mesdames et Messieurs, ayez la délicatesse de ne pas mourir tant que la crise sanitaire n’est pas terminée. Le faire serait un véritable manque de savoir-vivre.

    • j’adore ton commentaire malicieux. Oui, on peut rire (sérieusement) de tout. Mais fait attention ! Comme le disait feu Pierre Desproges « pas avec n’importe qui ». Certains comme moi, cernés de près par les enterrements (cf Brassens) consécutifs à la disparition récente de proches ou d’amis chers pourraient s’en offusquer. C’est la mode en ce moment…

      • Merci pour ton avis JB. J’ai eu ma part aussi. J’ai perdu mon épouse l’an dernier, deux camarades en début d’année et ma mère il y a deux semaines.
        Dès qu’on a pris la tête des générations vivantes, on sait qu’on est sur la liste des suivants et quand on a été exposé à l’amiante durant une vingtaine d’années comme je l’ai été, on s’y est préparé.
        Longue vie à toi. Pour t’avoir côtoyé plusieurs fois dans nos manifs, je sais que tu le mérites.
        Merci aussi pour ta référence à l’ami Georges qui ne manquait pas de malice lui non plus.
        https://www.youtube.com/watch?v=KgiGMIoPuc0

  3. Cet article m’amène à poser une question et j’aimerais bien avoir une réponse, voire une enquête de l’Informateur :
    Depuis quelques temps, j’entends affirmer que tous les décès à l’hôpital sont attribués au virus et que chaque mort déclaré lui rapporterait de l’argent ….. ?? !!

    • Je ne peux que répondre partiellement à ta question.
      Je ne sais pas si TOUS les décès à l’hôpital sont attribués au virus.
      Personnellement, j’en doute. Il me semble difficile de lui faire porter la responsabilité d’un trauma crânien suite à un accident de la circulation. Par contre, j’affirme d’expérience, hélas, que les personnes décédées dans un secteur covid étaient toutes « classées » décédées au titre du virus au moins dans l’hôpital où ma parente a succombé. Ce qui, en ce qui nous concerne, a été matérialisé par le fait que lorsque les pompes funèbres sont venues « récupérer » le corps, il était déjà sous housse spéciale pour raisons sanitaire. Pourtant, elle avait surmonté le virus et son taux d’oxygène était redevenu normal. Le souci, c’est qu’au moment où guérie, elle devait être transférée en secteur hors covid, il n’y avait plus aucun lit disponible pour elle en secteur dit « normal ».
      Se sentant abandonnée, elle a lâché prise et décidé de ne plus s’alimenter. Au terme, elle s’est éteinte paisiblement après avoir adressé un dernier geste de la main sur Skype à ses petits enfants.
      Je ne pense pas, compte tenu de l’état déplorable de notre système de santé (qui s’est dégradé au fil des ans et dont Mr Macron ne peut être tenu comme seul responsable) qu’elle soit un cas unique en France bien au contraire.
      Donc les chiffres sont bel et bien gonflés. La vraie question est : Dans quelle proportion ?

      Pour ce qui est du financement de l’hôpital, je ne crois pas non plus que sa rémunération soit liée au nombre de morts déclarés du corona virus. Par contre, ce que je sais c’est que les hôpitaux sont dédommagés de leurs services d’après un barème qui tient compte de la complexité et donc du coût des interventions qu’ils pratiquent. Ce n’est pas nouveau. Par exemple, je me souviens qu’une opération de l’appendicite considérée comme une intervention bénigne était classée K50 selon le barème de la Sécurité sociale.
      J’imagine qu’un séjour en réanimation est mieux payé qu’un séjour « ordinaire ». Par les temps qui courent d’austérité et donc de pénurie de crédits, on peut imaginer que la tentation peut être forte pour l’hôpital de remplir ses lits de réanimation y compris de gens qui pourraient peut être être oxygénés à la maison pour renflouer ses caisses.
      Pour illustrer mes propos, je vous livre l’anecdote suivante :
      J’ai une amie Directrice d’hôpital (à présent à la retraite) qui me disait à l’heure de l’apéro et ce il y a 20 ans qu’elle comptait sur le remboursement de fin d’année de la CNP assurance qui couvrait les arrêts maladie des employés pour pouvoir faire la paye de Décembre du personnel hospitalier. Cette histoire est ancienne mais cela n’a pas du s’améliorer depuis. Donc, Il y a sans doute des dérives favorisées par les circonstances actuelles. Cette épidémie est sans doute l’opportunité pour certains chefs d’établissement de se refaire une santé financière. Comment pourrait on leur reprocher même si cela participe à gonfler les chiffres alarmistes ?
      Désolé de ne pouvoir t’en dire plus. Je ne peux dire que ce que j’ai vécu ou constaté personnellement.
      Quant à demander à demander à Jean Bernard de devenir journaliste d’investigations, il te répondra comme tous les acteurs économiques ou politiques en ce moment qu’il n’en a pas les moyens et que ce n’est pas son rôle. A ceci près c’est qu’à mon sens, lui ne ment pas à ce sujet.

  4. Vive le marché de la mort et surtout de ces grands groupes financiers qui engraisent ces actionaires au détriment de l ecoute des familles et du cote humain souvent bafoué … on ne nous dit pas,tout . Des secrets ..des choses à pas dire ca pourrait gêner les objectifs de ces grands groupes ….. faut aller plus vite vendre plus cher gagner plus .. même en ne précisant pas que beaucoup de sociétés rachetées propose mêmes services sous des noms et tarifs différents.. fini la concurrence ou presque heureusement encore quelques entreprises familiales . Choisi bien ……

  5. vous avez raison curieux, le covid devient un business , plus les hopitaux sont surchargés en patients covid,plus ils toucheront d aide, alors que les cliniques privés ou les hopitaux militaires peuvent les soulager

  6. @ Jean Bernard. Je te remercie pour cet article qui donne une vraie information. Je te soutiens de façon inconditionnelle à cette occasion (juste apprécie cet instant car il est rare (lol)). Nous sommes à la fois semblables dans nos aspirations et à la fois très différents dans les moyens à mettre en œuvre mais toujours respectueux l’un vis à vis de l’autre. Quand tu t’interroges sur la non réponse de la direction du crématorium du Creusot. Pour moi, ils sont dans l’air du temps, omerta générale par principe de précaution vis à vis des réseaux sociaux.
    Pourtant à mon sens, ils n’ont rien à cacher. Nous sommes en Novembre et on meurt plus à cette période de l’année. Normal qu’ils soient un peu plus débordés par les quelques décès supplémentaires liés au corona-virus. Ont ils manqué à leurs obligations ? Je ne le crois pas. Pour les avoir testés au Creusot, hélas, 3 fois ces 2 dernières années, je ne vois rien à leur reprocher. STP, tiens nous au courant de la réponse ou non réponse à ton mail.
    Quant à ta conclusion judicieuse à mon sens, je pense qu’elle va un peu les gêner. Perso, j’ai essayé de me renseigner ce soir par internet sur le nombre de crématoriums en Saône et Loire. j’ai noté que nous n’en avions que 3 (Macon, Chalon et Le Creusot avec une incertitude sur Bourg en Bresse). Cependant, j’ai aussi noté sur les mêmes sites qu’au moins un crématorium n’était pas mentionné en Franche-comté. Je sais de quoi je parle vu que j’ai eu un devis de leur part il y a moins de 6 mois. Il existe donc bel et bien mais a été oublié.
    Si véritablement, après vérifications, il s’avère bien qu’il n’y a que 3 ou 4 crématoriums en Saône et Loire pour une pop de 570 000 habitants. Effectivement la question que tu poses se pose : Faut-il créer un crématorium supplémentaire sur la communauté urbaine? Pour moi, la réponse est clairement oui. Nous avons une population vieillissante, Paray et Digoin et surtout Autun (plus que vieillissant) pour le moment dépendent du Creusot. Demain, covid ou non Le Creusot sera saturé d’autant que la crémation moins onéreuse et plus écologique va prendre le pas sur l’enterrement traditionnel.
    Il existe des crématoriums municipaux comme à Roanne. Les maires de la circonscription feraient bien d’y réfléchir et ce très très rapidement avant que Mr J.M Nesme de Paray ne s’en empare.
    (…) Si nous ne le faisons pas dans un cadre municipal, lui le fera dans un cadre privé.
    Cela nécessite peu de terrain, peu de machines et peu de bâtiments. Par contre, cela requiert une prise de décision immédiate pour couper l’herbe sous le pied à toute concurrence.

  7. Le programme de la France Insoumise aux municipales de Montceau les Mines proposait un crématorium. Le groupe d’action de la FI n’est pas devin mais sait lire les données publiques de l’Insee et avait fait le constat du manque de planification sur les sujets de la vieillesse, la dépendance, et du Funéraire. Cet queue d’attente au crématorium ne pourra se répéter dans les années à venir non pas à cause d’une période de crise sanitaire mais au vieillissement naturelle de la population. Le Covid-19 nous montre juste les failles de nos structures et des méthodes de gestion de nos collectivités.

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